samedi, 28 janvier 2012

Il faisait nuit

Saint Jean nous donne cette précision: «Judas ayant donc pris cette bouchée sortit aussitôt. Or, il faisait nuit» (Jean 13/30). Certes, il traduit une réalité, mais on peut penser que ce détail, qui n’ajoute rien de particulier au récit, est donné à dessein par l’évangéliste pour souligner que l’âme de l’apôtre félon est entrée dans la nuit, enveloppé de ténèbres, elle vit désormais dans les ténèbres. C’est le sort de tous ceux qui ne sont pas habités par Dieu, en quelque sorte, ils sont des aveugles qui ne peuvent trouver le chemin de leur destinée éternelle, celui du Ciel.

«Dieu est lumière» (1 Jean 1/5), et tous ceux en qui il habite, sont lumière. «Vous êtes la lumière du monde» (Matthieu 5/14), affirme Jésus à ses disciples. Le Royaume de Dieu est un royaume de lumière, il n’y a pas de nuit (Apocalypse 21/25). Nous le savons bien, la nuit et le jour ne peuvent cohabiter.

Dès sa première apparition à Fatima, la Vierge se manifeste comme un “être de lumière”. La description que nous fait Lucie, de cette “Dame”, toute de lumière, renvoie à ce passage de l’Apocalypse: “Un signe grandiose apparut au ciel: c’est une Femme! Le soleil l’enveloppe...” (12/1). Et elle ajoute: « Elle nous communiqua, comme par un reflet qui émanait d’elles, une lumière si intense que, pénétrant notre cœur et jusqu’au plus profond de notre âme, elle nous faisait nous voir nous-mêmes en Dieu qui était cette lumière…» Pensons à la Transfiguration du Seigneur “son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent éblouissants comme la lumière”(Matthieu 17/2). Les apôtres sont plongés dans une atmosphère divine. Ainsi les trois enfants à Fatima: “ elle (la lumière), nous faisait nous voir nous-mêmes en Dieu qui était cette lumière”. Tel est notre état si nous sommes unis à Dieu par la grâce.

Quelle clarté dans notre âme! Quelle lumière qui nous fait voir les choses de Dieu, et celles de la terre à leur place, rien qu’à leur place! Certes, il nous arrive de souffrir, de trimer dur, mais nous le faisons dans la lumière qui nous fait voir la volonté divne, le seul chemin qui nous conduit au bonheur éternel.

vendredi, 27 janvier 2012

Le pire état...

Dans son ouvrage Le Docteur Angélique, Jacques Maritain s’est hasardé à prédire que "l’héroïsme chrétien deviendra un jour l’unique solution des problèmes de la vie. Alors, on verra, sans doute, coïncider avec le pire état de l’histoire humaine une floraison de sainteté".

Je ne sais si nous sommes arrivé à ce pire état, en revanche, j’ai la certitude que nous nous y précipitons. J’entendais hier quelqu’un étaler les maux de notre société, et la turpitude de certains personnages, et encore, ajoutait cette personne, heureusement, on ne connaît pas tout! Je lui faisais remarquer que de même, on ne voit pas tout le bien qui éclôt, ici et là, dans notre monde. C’est grâce à ce bien, que se prépare la floraison de sainteté qu’annonce Maritain.

Je souhaiterais que ce modeste blog participe à l’apparition de cette floraison. Le meilleur moyen qu’il puisse offrir à ceux qui entendent l’appel à la sainteté, c’est celui que la Vierge Marie, elle-même, est venue nous proposer dans la personne des bienheureux pastoureaux de Fatima: une vie si courte, et, pourtant tellement riche! Elle aura été une éclatante illustration de la parole de Jésus: «Si le grain tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul; s’il meurt, il porte beaucoup de fruit» (Jean 12/24).

Faisons comme eux, si petits par la taille, mais géants par la sainteté. Rappelons les paroles de l’ange qui déclenchèrent leur élan vers cette sainteté: «Par dessus tout acceptez et supportez avec soumission les souffrances que le Seigneur vous enverra… De tout ce que vous pourrez offrez un sacrifice…»

Retenons cette belle conclusion apportée par Lucie: «Ces paroles se gravèrent dans notre esprit comme une lumière qui nous faisait comprendre qui est Dieu, combien il nous aime et veut être aimé de nous, la valeur du sacrifice, et combien celui-ci lui est agréable, comment par égard pour lui, Dieu convertit les pécheurs. C’est pourquoi, à partir de ce moment, nous avons commencé à offrir au Seigneur tout ce qui nous mortifiait…»

mercredi, 25 janvier 2012

Aimons l'Eglise

En ce jour où nous fêtons la conversion de saint Paul, prions pour l'Église.  C’est la meilleure et la plus belle façon de travailler, non pas à son unité (elle est déjà une par la foi de ses membres aux mêmes vérités et leur obéissance aux pasteurs légitimes), mais à celle des chrétiens entre eux. Prions en ces moments importants où se déroulent des pourparlers entre Rome et la Fraternité saint Pie X.

Aimons notre Église! Elle est sans tache, immaculée! Elle est toute sainte (ÉPHÉSIENS 5/27). Elle est l’Épouse du Christ; elle est parée de ses richesses. Elle lui a enfanté, et lui enfante, un nombre innombrable d’élus, cette multitude de saints, “foule immense, impossible à dénombrer, de toute nation, race, peuple et langue(APOCALYPSE 7/9). Elle est pure! les fautes de ses membres, de leurs chefs, ne rejaillissent aucunement sur Elle.

Aimons notre Église! Elle est aussi, selon l’enseignement de Saint Paul, le Corps du Christ (1 CORINTHIENS 12/12-30). “M’est  avis, disait Jeanne d’Arc, que l’Église et le Christ, c’est tout un!”. Certes, elle est composée de pécheurs, mais, à tous, quelles que soient la multitude et la gravité de leurs fautes, elle offre les moyens de se purifier, de se sanctifier; elle leur permet de laver leurs "robes" souillées, de les blanchir dans le “Sang de l’Agneau(APOCALYPSE 7/14). Elle fait ainsi d’eux des "hommes nouveaux", c’est-à-dire des saints, même s’il leur faut souvent se relever, recommencer continuellement l’œuvre de leur conversion, sans jamais se décourager. C’est peut-être là que se cache le secret de la sainteté.

Aimons notre Église! Aujourd’hui, elle est identifiée au Christ, Roi couronné d’épines; elle est, comme lui, trahie, seule au milieu de ses ennemis, livrée à la cohorte déchaînée. Elle partage la dérision dans laquelle il est tenu. Nous sommes nous-mêmes les acteurs de cette déchéance, lorsque nous abandonnons notre royauté de baptisés. Dieu a mis, en nous, une faim d’infini, d’absolu, que nous avons la prétention d’assouvir en nous jetant sur des biens périssables, en nous livrant à des plaisirs fugitifs; nous sommes comme le fils prodigue qui enviait les caroubes que mangeaient les pourceaux, alors que, chez son père, il avait eu nourriture riche et abondante. À chaque fois que nous rétrécissons notre horizon au raz des satisfactions matérielles, charnelles, de notre amour propre, nous ternissons, peu à peu, l’éclat de notre dignité royale; nous quittons l’éternité pour venir habiter au milieu des réalités terrestres et nous ravaler à leur niveau.

La Femme de l’Apocalypse, chapitre 12, symbolise l’Église; elle symbolise aussi Marie; notamment, au premier verset, dans sa manifestation, à Fatima. Le 13 octobre, elle se nommera “Notre-Dame du Rosaire”, c’est-à-dire la Gardienne de la Doctrine, la Victorieuse de toute hérésie. C’est pourquoi elle affirmera: À la fin, mon Cœur Immaculé triomphera”. C’est dans cette “optique” de l’éradication de toutes les sortes d’hérésies qui foisonnent aujourd’hui, qu’il faut, sans doute, considérer ce triomphe, il sera aussi, en même temps, celui de l’Église Catholique, Apostolique et Romaine.