samedi, 17 octobre 2009
Le sablier
Depuis notre entrée dans le monde, le sablier qui contient les jours de notre existence a été retourné; ceux-ci coulent, par l’étroit goulot, tantôt grisâtres, comme pouvaient l’être ceux qui étaient vécus dans la monotonie quotidienne de Nazareth; tantôt noirs, comme le fut celui du Golgotha; tantôt lumineux, tel, le matin de la Résurrection. En regardant les choses ainsi, on en a une vision extérieure, car, ces jours-là, aussi bien pour la Sainte Famille, que pour Marie, au pied de la Croix, ou à l’aube de la Résurrection, restaient lumineux parce que vécus dans l’acceptation de la Volonté du Père, qui est toujours Lumière.
C’est un sablier que nous ne voyons pas, seulement la Providence, qui a mesuré, elle-même, la quantité qu’il contient. Si les cheveux de notre tête sont tous comptés (Matthieu 10/30), à fortiori les jours de notre existence le sont-ils aussi.
Alors que faisons-nous de ces jours que Dieu nous a donnés? C’est un trésor, un grand trésor, écrit Saint Alphonse de Liguori qu’on ne trouve qu’ici-bas, aucunement, au Ciel, ni en enfer. Pensez-y bien, ajoute-t-il, le passé s’est évanoui, il ne vous appartient plus; l’avenir ne se trouve pas encore en votre pouvoir; seul le présent est à vous pour l’employer à faire le bien. Le temps est un trésor méprisé durant la vie, quant à son emploi en vue de l’éternité, et vainement désiré à la mort.
«Ah! s’écrie saint Bernard, les jours de salut disparaissent les uns après les autres; et l’on n’y pense pas, personne ne réfléchit qu’ils s’en vont et ne reviendront plus». «Regardez, continue-t-il, comme perdu, tout le temps que vous passez sans avoir Dieu en vue». Que de regrets, au moment de la mort, au souvenir des années vécues sans aucune pensée pour Dieu; de tant de lumières, de grâces offertes, mais négligées!
Le temps est un trésor qu’il faut faire fructifier. Rappelons-nous ces ouvriers dont nous parle l’évangéliste, qui perdent leur temps, et que le maître de la vigne interpelle: «Pourquoi êtes-vous là, tout le jour sans rien faire?» (Matthieu 20/6). L’Écriture Sainte nous avertit: «Tout ce que peut faire ta main, fais-le promptement, parce que, dans la tombe où tu descends, il n’y aura plus ni œuvre, ni habileté» (Eccl. 9/10).
Regardons, et imitons, les jeunes pastoureaux, à partir du moment où ils découvrirent qu’ils pouvaient, par leurs sacrifices, obtenir le salut des pécheurs, ils employèrent, à cettte fin, leur vie, leur courte vie, pour les deux plus jeunes.
Il est triste, dit-on, de mourir dans la fleur de l’âge, mais combien plus, de mourir âgé, sans avoir le souci d’employer ses longues années à expier ses péchés, ceux de son prochain, et à rapprocher de leur Créateur, ceux qui sont loin de Lui.
Contact: la.capelinha@orange.fr
06:00 Publié dans La destinée humaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sablier, jour, temps, vigne, trésor, présent, passé, avenir





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